La politique de recherche du Laboratoire de Chimie Agro-Industrielle UMR 1010 INRA/INPÂ-ENSIACET a pour objectifs de regrouper les compétences interdisciplinaires et de constituer un pôle d'excellence dans le domaine de la transformation chimique des agroressources.
L'acquisition de connaissances sur les structures chimiques et les propriétés des agro-molécules ainsi que l'étude de leurs réactivités constituent l'essentiel de notre
démarche scientifique.
L'utilisation agro-industrielle non-alimentaire (VANA) des produits et des sous-produits de l'agriculture ainsi que des co-produits issus des agro-industries constitue la
facette finalisée de cette thématique scientifique.
Ces deux approches complémentaires sont à la base d'une recherche qui nous amènent à conjuguer :
"
Sciences et Technologies des Agroressources - Chimie et Procédés ".
Ainsi, en collaboration avec les centres de compétences relevant du secteur :
- de la production agricole, pour l'amélioration des matières premières végétales, et leur caractérisation physiologique et biochimique,
- de l'agro-industrie, de la chimie et des matériaux pour les applications des produits et leur intérêt économique,
les trois équipes de recherche (Génie analytique des agro-constituants - Fractionnement et transformation des agroressources - Lipochimie-Réactivité chimique des agro-molécules) qui constituent le Laboratoire de Chimie Agro-Industrielle organisent leurs actions de recherche dans une démarche cohérente qui les place au centre d'un contexte économique propice à l'établissement de collaborations scientifiques et de partenariats tant au niveau national qu'international.
La démarche scientifique passe par la création et par la mise en place de
nouveaux procédés de transformation permettant le fractionnement des productions agricoles ainsi que de leurs co-produits. Ce fractionnement, c'est-à-dire la séparation des principaux constituants, offre l'avantage de valoriser au mieux la matière première agricole. Il consiste à
mettre au point des techniques d'extraction, de séparation, de purification, de caractérisation, de détermination de structure, de fonctionnalisation... d'un grand nombre de constituants grâce à une succession d'opérations judicieusement adaptées aux matériaux de départ et aux contraintes de l'environnement.
Ces opérations mettent en jeu soit les biomonomères et les biopolymères, soit leurs dérivés auxquels on fait subir des modifications
chimiques ou physiques. Cette fonctionnalisation permet d'ouvrir de façon considérable le champ de valorisation de ces substrats.
Les procédés mis au point ont recours, outre les techniques classiques, à des
modes d'activations particuliers ainsi qu'à des
milieux réactionnels non traditionnels (milieux aqueux, nouveaux solvants, milieux concentrés, milieux supercritiques...) et à des
réacteurs adaptés (réacteur bi-vis, réacteur à film mince, membranes.. .). Dans tous les cas, les conditions opératoires conduisant à des réactions sélectives et plus performantes sont privilégiées grâce à une bonne maîtrise des processus réactionnels mis en jeu.
Les procédés sont étudiés
jusqu'au stade pilote grâce à la halle de transfert équipée à cet effet.
Une telle démarche qui
associe l'aspect fondamental à l'aspect finalisé prend également en compte la qualité de l'environnement tant au niveau des procédés de fractionnement et de transformation chimique, que des produits issus de ces transformations (biodégradabilité, écotoxicité, .. .). Cette maîtrise de l'environnement se retrouve également dans l'étude de l'impact des espèces naturelles ou de synthèses et de leurs dérivés sur l'homme, les milieux naturels, les denrées, les produits, etc... C'est cet ensemble de caractéristiques qui permet d'inscrire nos travaux dans le cadre de la
«chimie verte ».
Précisons enfin que nous prenons en compte dès le départ non seulement la perspective du transfert de technologie, mais aussi la mise en place des normes permettant l'intégration des produits sur les marchés nationaux et internationaux (européens notamment).
Cette politique scientifique bâtie autour du carbone renouvelable a permis de construire un " dispositif original " qui va de l'acquisition de connaissances scientifiques jusqu'à leurs valorisations. Ce dispositif a le mérite d'associer de façon intime toutes les facettes de notre métier : la recherche, la formation et la valorisation.